Des chefs d’entreprises ont annoncé la démission ou le gel de leurs activités au sein du FCE. Ils reprochent au président Ali Haddad d’impliquer l’organisation dans l’élection présidentielle d’avril prochain.

Ainsi, Mohamed-Laïd Benamor, patron du groupe agroalimentaire Amor Benamor et président de la Chambre algérienne de commerce et d’industrie (Caci), a annoncé, samedi, dans une déclaration, sa démission de son poste de vice-président du Forum des chefs d’entreprise et le gel de sa cotisation.

« Je souhaite par la présente lettre vous signifier le gel de ma cotisation au Forum des chefs d’entreprise, et de la même façon, mon souhait de démissionner de ma fonction de vice-président », écrit Mohamed-Laïd Benamor aux adhérents du FCE. « Si notre association, devenue syndicat, a joué par le passé un rôle essentiel pour mener nos entreprises et notre économie vers de meilleurs lendemains, je me désole aujourd’hui de la voir s’éloigner de sa base », souligne le patron du groupe Benamor. Partisan de la continuité, pour Mohamed-Laïd Benamor, il faut l’adhésion du peuple. «  Le faire à rebours du désir de nos concitoyens est une ineptie. Un non-sens. C’est la négation de nos valeurs et de notre histoire », soutient le désormais ex-vice-président du Forum des chefs d’entreprise.

Le P-DG d’Alliance Assurances, Hassen Khelifati, a également annoncé le gel de son appartenance au FCE. « Moi, Hassen Khelifati, membre du Forum des chefs d’entreprise depuis 17 ans, annonce officiellement le gel de mon appartenance au FCE », écrit-t-il sur sa page Facebook. Sans langue de bois, Hassen Khelifati affirme avoir exprimé sa désapprobation en démissionnant de l’exécutif depuis 2014. Pour preuve, il n’a pas payé ses cotisations depuis 2017. « Nous avons marché pour l’Algérie, pour nos enfants, pour nos jeunes. Pour un lendemain meilleur, pour redonner espoir à nos jeunes », insiste Hassen Khelifati qui a participé à la grandiose marche de vendredi dernier. « Nous sommes fiers de notre peuple de Tébessa à Tlemcen et de Tamanrasset à Tizi Ouzou », ajoute le patron d’Alliance Assurances pour qui « la place des chefs d’entreprise honnêtes, travailleurs, créateurs d’emplois et de richesses est au milieu et parmi leur peuple, qui n’est ni à vendre ni à acheter.

Pour sa part, jeudi dernier, le P-DG du groupe Sogemetal, Mohamed-Arezki Aberkane, a claqué la porte du FCE. C’est lui-même qui a fait l’annonce. « Faisant suite à mon message téléphonique, je confirme par la présente ma démission du Forum des chefs d’entreprise », écrit Mohamed-Arezki Aberkane dans un message adressé au secrétaire général du FCE.

Le patron de Sogemetal indique qu’il ne peut faire partie d’une organisation patronale qui prône l’anathème et le mépris à l’égard de tout un peuple qui exprime librement et dignement une revendication qui est la sienne. Mohamed-Arezki Aberkane rappelle qu’il a, en effet, “souscrit à une adhésion volontaire à cette organisation à une époque où elle rayonnait pour ses engagements et idéaux économiques en faveur de mon pays l’Algérie ».

A contrario, « je m’en soustrais pour des motifs objectifs que chacun pourra comprendre et surtout pour ses positions politiques incompatibles, voire antagoniques avec ses missions statutaires auxquelles je n’ai jamais souhaité adhérer de tout temps », regrette-t-il, confirmant son retrait du  FCE.

Un autre son de cloche émane du patron de Macir Vie, Hakim Soufi. Le patron de Macir Vie étale ses  arguments de ne pas quitter le FCE.« Je ne démissionnerai pas car il y a du chemin à faire et que ce forum n’appartient à personne, il est d’abord et avant tout une force de propositions importante, je me battrai pour que nos jeunes entrepreneurs y adhèrent, pour qu’il soit complètement apolitique, qu’il se dédie à sa mission originelle, et qu’il puisse fédérer tous les chefs d’entreprises qui activent souvent dans des conditions difficiles, mais constituent le socle de notre économie. Notre patrie a besoin de toutes ses forces vives, de tous ses enfants, et j’en fais partie », clarifie le patron de Macir Vie.