Fruits et légumes : Abdelkader Bouazghi clôt la polémique le choléra et met l’Institut Pasteur dans l’embarras

Le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Abdelkader Bouazghi, jure la main sur le cœur qu’il n’y a aucun danger à consommer les fruits et légumes. D’après le Ministre, l’épidémie de choléra qui a fait son apparition ces dernières semaines en Algérie n’a aucune relation avec les fruits et légumes.

Abdelkader Bouazghi se veut rassurant, face à la confusion générale sur quoi consommer et quoi boycotter pour éviter l’épidémie de choléra. « En tant que responsable du secteur de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, je dis que les produits agricoles, fruits et légumes, sont sûrs. Je rassure le citoyen et le consommateur qu’ils peuvent les consommer sans problèmes ni craintes », a déclaré, hier, Abdelkader Bouazghi, lors d’une conférence de presse tenue au siège de son département, taclant au passage l’Institut Pasteur d’Algérie (IPA) qui a montré, la veille, à travers une déclaration, ses soupçons sur la qualité de ces produits.

« La contamination de fruits, (pastèque, melon non lavés) ou légumes pouvant être consommés crus (carotte, concombre, salade, tomate, betterave), irrigués par une eau polluée par les matières fécales, est également suspectée ».

Qui croire dans cette affaire ? Pourtant, Bouazghi est affirmatif lorsqu’il ajoutera, en réponse aux questions des journalistes, que « les fruits et légumes sont propres et contrôlés par différentes administrations spécialisées ».

Pour Bouazghi, « scientifiquement, l’irrigation en eau normale ne cause pas cette maladie, et nous irriguons nos fruits et légumes dans tous les cas. Ils sont disponibles sur le marché et les citoyens les consomment le plus normalement ».

En défenseur du secteur, « les services agricoles du ministère ont expliqué que quoi qu’il en soit, lorsque les fruits et légumes sont irrigués, ils ne peuvent pas être porteurs de la maladie (vibrion cholérique) », a-t-il ajouté, tout en invitant à prendre des précautions notamment sur le respect des règles d’hygiène qui consistent à laver les fruits et légumes avant leur consommation.

Quant au fruit et légume, « ils ne peuvent être porteurs du vibrion ». Sans citer l’IPA, les propos du ministre de l’Agriculture interviennent 24 heures après les mises en garde de l’institut. Ce dernier aura aggravé le cas de certains produits, notamment la pastèque et le melon, qui sont boycottés sur le marché par les consommateurs qui craignent une contamination au choléra. C’est dire que Bouazghi voulait répondre à la fois à l’Institut Pasteur et sauver les produits agricoles qui risquaient de pourrir dans les différents points de ventes. Immédiatement après cette sortie, l’institut, par la voix de son directeur, Zoubir Harat, se corrige. Dans une déclaration à la Radio algérienne, il mettra ironiquement cette confusion sur le dos de la presse. « Je démens formellement les informations publiées par certains titres de presse qui ont fait le lien entre la propagation de l’épidémie du choléra et la consommation de certains fruit et légumes », a déclaré le Pr Zoubir Harrat. Et d’ajouter que « les résultats des analyses effectuées sur des échantillons de fruits, notamment la pastèque, sont négatifs ».

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