Abdelaziz Rahabi sur les ondes de la radio chaîne 3 : « les élections se jouent et se décident de plus en plus sur les réseaux sociaux qui sont devenus un outil de communication »

L’ancien ministre de la Communication et e la Culture, M. Abdelaziz Rahabi, lors de son passage à la Radio Chaîne 3, disséqué la situation des médias publics face à la dynamique de la société.

Le diplomate algérien explique qu’« il y a un sérieux problème de  crédibilité des médias traditionnels, lorsqu’il s’agit de la gestion de crise, en soulignant que les réseaux sociaux prennent de plus en plus la place des médias traditionnels, notamment chez les jeunes, parce qu’ils ont le sentiment d’être acteurs. »

Les élections se jouent et se décident de plus en plus sur les réseaux sociaux qui sont devenus un outil de communication, lors des campagnes électorales. A ce propos, M. Rahabi explique que « les réseaux sociaux sont une réalité, mais nous sommes un pays peu mondialisé en termes d’économie, de politique et sociétal. Cependant, les jeunes sont très mondialisés et ils ont un rapport avec le temps réel que leurs ainés n’ont pas. »

Le diplomate algérien a indiqué que « les réseaux sociaux complètent l’information et les moyens traditionnels de sensibilisation et de formation de l’opinion publique, ils reflètent la réalité du pays il ne faut pas craindre les réseaux sociaux. »

L’ancien diplômante a souligné que les jeunes s’approprient la vie sociale et politique du pays, parce qu’ils se sont rendus compte que les médias publics et privés ne jouent pas leurs rôles.

Évoquant le caractère pacifique des manifestations contre le 5ème mandat, M. Rahabi a indiqué que « les Algériens sont des gens pacifiques, on nous a collé cette étiquette de peuple violent c’est tout à fait faux. C’est un peuple qui a été violenté pendant toute son histoire.

Le pays a progressé par rupture 

A ce propos, il a rappelé que notre pays a malheureusement progression par rupture violente, citant la guerre d’indépendance et le coup d’Etat de 1965. « Et nous avons aujourd’hui un sérieux problème sur l’organisation des élections présidentielles il faut qu’on arrête ce cycle de violence. », a-t-il expliqué.

« Nous sommes un pays très archaïque et nous vivons en Algérie dans une sort de bureaucratie très lourde et dans une sorte de résistance au changement, en raison des situations de rente et une peur du changement. », a-t-il souligné.

A cet égard, M. Rahabi parle d’une fracture qui s’agrandit  entre les gouvernants et le peuple tout en déplorant l’absence d’intermédiation sociale. « Les pouvoirs publics ont tué toute forme d’intermédiation entre le gouvernement et la société. Nous vivons dans une société, où l’activité politique est difficile et les syndicats ne défendent pas les intérêts des travailleurs, parce qu’ils sont inféodés. »

La société civile, un contre-pouvoir 

Rahabi explique que  nous avons peur de la société civile qui est un contre-pouvoir. « Si nous ne laissons pas les médias publics et privés travailler dans les meilleures conditions professionnelles et avoir un discours équilibré, les Algériens iront chercher l’information ailleurs, ce qui représente un risque. », a-t-il indiqué.

L’ancien ministre estime que le discours sur la menace étrangère plombe le débat en Algérie. « Arrêtons de nous faire peur à nous-même. Le peuple algérien devait participer au choix du modèle économique et au contrôle de l’argent public. »

Par ailleurs, Rahabi s’est interrogé sur les raisons qui ont poussé les télévisions privées algériennes à émettre à partir de l’étranger, estimant que la publicité, qui n’est pas réglementée, est le principal sponsor de la liberté d’expression en Algérie. « Si on ne réglemente pas un secteur, on laisse la place à la décision administrative et politique arbitrer. », a-t-il souligné.

Pour l’ancien ministre de la Communication, le sentiment d’exaspération qu’on voit dans la société n’est pas un sentiment spontané, mais il est le fruit d’une accumulation de 20 ans de corruption et d’injustice. Ces manifestations ont cristallisé toutes les frustrations et toutes les crises que nous avons traversées.

- Advertisement -
Articles récents
- Advertisement -
A lire également
- Advertisement -