Artisanat: plus de 84.000 emplois créés en quelques mois

Le secteur de l’artisanat a contribué à la création de plus de 84.000 emplois entre fin 2020 et mars 2021 portant ainsi le nombre de postes crées par le secteur à 1.084.170 emplois, a indiqué le directeur général de l’artisanat au ministère du Tourisme, Kamel Bouam.

Dans un entretien accordé à l’APS, M. Bouam a fait savoir que le secteur de l’artisanat employait jusqu’à mars 2021 un total d’un million quatre-vingt-quatre mille et cent soixante-douze emplois, soit plus de 84.000 emplois créés en quelques mois.

Le même responsable a mis en avant, dans le même cadre, l’importance de l’artisanat et des métiers dans « la promotion et la valorisation de l’économie nationale, la réalisation de revenus, la préservation du legs cultuel et civilisationnel du pays et la protection de l’environnement », faisant état de 417.000 artisans inscrits actuellement au niveau national dont 31.000 nouveaux artisans inscrits en 2020.

Et d’ajouter que le secteur a contribué jusqu’à présent à la création de plus d’un million d’emplois tout en générant 335 mds da du PIB, a-t-i souligné, rappelant les mesures prises pour promouvoir l’artisanat et lui permettre d’atteindre un niveau « professionnel, créatif et qualitatif » à la faveur des efforts déployés par les chambres de l’artisanat et des métiers (CAM) à travers le territoire national ».

Il s’agit entre autres efforts l’accompagnement des artisans dans la création de leurs ateliers et l’acquisition des matières premières notamment au niveau des zones d’ombre qui regorgent de plusieurs activités artisanales nécessitant le soutien à la formation et l’amélioration de l’habilitation.

Dans ce sillage, M. Bouam a mis l’accent sur le programme de formation élaboré au profit des CAM dans l’objectif de consacrer la culture entrepreneuriale auprès des artisans en leur apprenant les méthodes et les modes de création d’entreprises en fonction de leurs spécialités tout en les aidant à bénéficier de crédits dans le cadre de l’Agence nationale de gestion du micro-crédit (ANGEM) et l’Agence nationale d’appui et de développement de l’entrepreneuriat (ANADE).

Dans ce cadre, deux conventions ont été signées avec les deux agences pour financer les artisans et les inciter à créer leurs propres micro-entreprises, a fait savoir le même responsable faisant état de 47.000 artisans ayant bénéficié de micro-crédits à ce jour.

S’agissant de la formation, M. Bouam a expliqué que près de 230 sessions de formation ont été organisées en 2020 au profit de 3500 artisans au niveau national en vue « d’améliorer le niveau de commercialisation et de gestion et de valoriser les compétences pour atteindre le professionnalisme et réaliser la qualité et la créativité ».

Concernant l’amélioration du niveau d’apprentissage, le secteur a organisé au cours de la même année 150 sessions de formation au profit de plus de 2.300 artisans, en sus de l’intégration de 1200 jeunes stagiaires dans des ateliers d’artisans pour améliorer les compétences d’apprentissage dans diverses activités d’artisanat.

Le même responsable a mis l’accent en outre sur l’importance de renforcer et de promouvoir le marketing, que ce soit par la vente directe en organisant des expositions et des salons ou par le marketing électronique (E-marketing) qui a commencé à se développer avec la propagation du Coronavirus.

Nécessité d’assurer la matière première et de protéger certains métiers de la disparition

Par ailleurs, M. Bouam a évoqué les efforts que fournit son secteur actuellement en coordination avec les parties concernées pour assurer la matière première aux artisans, assurant que le problème de la pénurie d’argent dont souffraient les artisans spécialisés dans la fabrication de la bijouterie à Tizi Ouzou a été réglé à travers la mise en place de points de vente au niveau de la Chambre d’artisanat de la wilaya en coordination avec un opérateur économique.

Pour assurer la disponibilité du coraïl, des efforts importants sont déployés par le secteur, en coordination avec l’Agence nationale pour la transformation et la distribution de l’or et des autres métaux précieux (AGENOR), a-t-il soutenu, rappelant la récente décision du ministère de la Pêche annulant l’interdiction de pêche du corail.

Le secteur œuvre actuellement avec plusieurs startups à mettre en place des plateformes numériques destinées aux artisans pour commercialiser le produit artisanal mais aussi les aider dans la création de boutiques électroniques, a-t-il ajouté.

Le directeur général de l’artisanat a souligné également l’importance de « protéger les produits artisanaux contre la contrefaçon, à travers l’ouverture d’un atelier de travail, en coordination avec l’Institut national algérien de la propriété industrielle (INAPI), l’Institut algérien de normalisation (IANOR) et le bureau international de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) sis à Alger, pour élaborer un programme de protection de cette industrie qui constitue un patrimoine culturel et civilisationnel à préserver ».

A cet effet, il a indiqué que les sessions de formation organisées à Oran, Alger et Khenchela se poursuivront après le mois de Ramadhan et devront concerner aussi les wilayas de Ghardaïa et Tamanrasset dans le but de « protéger les produits artisanaux contre la contrefaçon et d’atteindre le niveau de qualité, voire d’excellence conformément aux critères requis ».

Il a souligné, par ailleurs, l’importance de labelliser le produit artisanal pour le protéger contre la contrefaçon, précisant que la première expérience dans ce domaine a concerné le cuivre de Constantine, la poterie de Bider (Tlemcen) et le tapis de Ghardaïa, en attendant la labellisation du tapis de Babar (Khenchela).

S’agissant des efforts du secteur en matière de lutte contre la pandémie (Covid-19), M. Bouam a affirmé que les artisans étaient parmi « les premiers » mobilisés face à la pandémie, à la faveur de la quantité considérable de tenues, de blouses et de masques distribués aux établissements hospitaliers et aux associations caritatives, ainsi qu’aux différentes institutions de l’Etat dans le but de réduire l’impact de la pandémie.

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