HomeEconomieCarburants : Bye bye le plomb, du vert à l’échappement !

Carburants : Bye bye le plomb, du vert à l’échappement !

Depuis, 1er juillet, que l’Algérie commence à abandonner progressivement l’essence avec plomb (normal et super). Si certaines régions passeront immédiatement au «sans plomb» d’autres, notamment dans l’Est algérien, devront attendre quelques semaines en raison des stocks existants et qu’il s’agit d’épuiser, selon l’Autorité de régulation des hydrocarbures (ARH). L’abandon du carburant plombé aura un impact positif sur l’environnement.

Les stations-services disent adieu à l’essence avec plomb. A partir d’aujourd’hui, ce carburant (super et normal) à fort impact négatif sur l’environnement et sur l’écosystème laissera place au sans plomb à travers la quasi-totalité du pays, alors que cette opération d’élimination du plomb dans les équipements de stockage se poursuivra jusqu’à la fin de l’année.
Cette stratégie s’inscrit dans le cadre des objectifs des pouvoirs publics en matière de transition énergétique, mais aussi une consommation d’essence moins polluante, ont expliqué les parties concernées, à savoir le ministère de l’Energie et des Mines ainsi que l’Autorité de régulation des hydrocarbures (ARH).
L’Algérie a, en effet, décidé d’abandonner cette essence pour ses effets nuisibles sur la santé et l’environnement mais aussi dans le cadre de sa politique visant à mettre fin à l’importation des carburants. Sonatrach dispose de capacités de production de 4 millions de tonnes d’essences par an, tandis que la consommation nationale est estimée à une moyenne de 3,7 millions de tonnes par an. Si la suppression de l’essence normale a déjà commencé en Algérie depuis un bon moment, le super avec plomb est, par contre, resté la référence pour une bonne partie des automobilistes, notamment ceux possédant des véhicules relativement âgés et dotés de moteurs aux anciennes normes. Sa consommation est estimée à 1,4 million de tonnes par an. Ces automobilistes doivent, désormais, apprendre à utiliser le sans plomb, lequel sera le seul à être proposé par les gérants de stations-services. Ils pourront ainsi en profiter pour la longévité des véhicules, notamment les bougies et l’augmentation de l’intervalle de changement d’huile et de catalyseur, comme l’a expliqué, il y a quelques jours, le président de l’ARH, Rachid Nadil, en marge d’une journée technique sur la généralisation de l’utilisation de l’essence sans plomb, organisée le 21 juin 2021 au siège du ministère de tutelle.
L’élimination de l’essence plombée est «l’aboutissement d’un processus entamé depuis 1998 avec l’introduction de l’essence sans plomb sur le marché national des carburants», a fait savoir, de son côté le ministre du secteur Mohamed Arkab, soulignant qu’à l’heure actuelle, la consommation de l’essence sans plomb est de l’ordre de 1,3 million de tonnes par an. Il a aussi rappelé que la part de cette même essence dans le mix carburant est passée de 29% en 2015 à 40% en 2020.
La généralisation de l’utilisation de l’essence sans plomb est le résultat des efforts entamés, par le groupe Sonatrach notamment, dans les maillons raffinage et distribution, a ajouté M. Arkab, mettant en avant «la stratégie de développement du raffinage» en intégrant «la dimension santé-environnement dans le processus de production et dans les différents plans de développement» de la compagnie nationale d’hydrocarbures.
Abondant dans la même, M. Nadil a soutenu que la suppression de l’essence plombée «répond à deux objectifs, le premier, il y va de la santé des citoyens, sachant que le plomb est cancérigène et puis, il est très néfaste à l’environnement. Le deuxième objectif est économique». En ce sens, la stratégie mise en place «va optimiser tout ce qui est circuit : raffinage, stockage et distribution», a-t-il insisté, précisant que «ça va nous permettre de réduire les coûts et à l’Algérie de ne plus importer d’essence, puisque, quand on produit une seule essence, la capacité de Sonatrach est de plus de 4 millions de tonnes par an alors que la consommation annuelle est de 3,7 à 3,8 millions de tonnes par an».
Quant à la consommation de carburants (essences et gasoil) sur le marché national, elle a atteint 12,58 millions de tonnes en 2020, contre 14,41 millions de tonnes en 2019, a indiqué le directeur de la division de régulation économique auprès de l’ARH, Samir Houghlaouène, lors de la même journée technique. La part des essences dans ce volume global a atteint 3,36 millions de tonnes dont 1,33 million de tonnes d’essence sans plomb (contre 3,91 millions de tonnes en 2019 avec 1,51 millions de tonnes sans plomb), a-t-il précisé, non sans faire observer une baisse continue de la consommation d’essence durant les six dernières années (de 2015 à 2020), passant 4,43 millions de tonnes, en 2015, à 3,36 millions de tonnes en 2020.
Une baisse est constatée également pour la consommation du gasoil entre 2015 et 2018. Ce recul de la consommation s’est effectué alors que durant ces périodes référence, le parc automobile national a enregistré l’arrivée de 440 000 véhicules supplémentaires, a souligné le même responsable, notant que «le nombre de véhicules de tourisme sur la période 2016-2020 a ainsi grimpé, atteignant 6,42 millions d’unités». Un contraste qu’il attribue aux prix des carburants qui ont nettement progressé entre 2015 et 2020, passant même du simple au double pour l’essence normale.
Par rapport à l’évolution de la consommation des essences sur le marché, M. Houghlaouène a fait constater une hausse de consommation de l’essence sans plomb de 1,25 à 1,55 millions de tonnes. La consommation de l’essence super est, quant à elle, passée de 2,04 millions de tonnes à 1,29 millions, a-t-il poursuivi, expliquant ce recul par l’effet de substitution de l’essence super à l’essence sans plomb. Quant à la consommation de l’essence normale, elle a pratiquement stagné à un million de tonnes, a-t-il ajouté.

Par Feriel Nourine

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