Dialogue politique du 6 juillet : Vers le boycott du bloc des démocrates

Les signataires du pacte politique pour une véritable transition démocratique, composés essentiellement du FFS, PT, RCD, UCP, PST, MDS, PLD et de la LADDH, ainsi que des personnalités politiques proches du camp démocratique, ne vont certainement pas prendre part au dialogue politique initié par les Forces du changement et dont la tenue est prévue le 6 juillet prochain.

Nonobstant leur position première, concernant leur refus de la présidentielle, tout porte à croire que la décision de boycotter la rencontre sera prise aujourd’hui lors d’une réunion entre les différents membres.

Cette même position a été réitérée, avant-hier, lors d’une réunion tenue au siège de l’UCP de Zoubida Assoul. Ils ont souligné, dans un communiqué rendu public hier, qu’« on ne peut aller vers une présidentielle dans les conditions actuelles ». « Les signataires du pacte politique pour une véritable transition démocratique considèrent que l’organisation d’une élection présidentielle dans le cadre du système actuel ne servira qu’à assurer sa pérennité », estiment-ils dans leur déclaration. Ajoutant que « toute initiative dite de sortie de crise n’est possible sans la libération immédiate et inconditionnelle de tous les détenus politiques et d’opinion, la levée de toutes les entraves à l’exercice du droit de manifester et de circuler sur tout le territoire national, l’ouverture du champ politique et médiatique à toutes les forces politiques, syndicales et associatives, l’arrêt immédiat de l’instrumentalisation de la justice par le pouvoir et la fin du dispositif sécuritaire assiégeant Alger lors des manifestations ». Ces conditions, pour les signataires du pacte, sont un préalable pour prendre part à ce dialogue. Or, la tendance à l’intérieur est plutôt pour le boycott, dans le but d’accompagner le mouvement de rue qui s’y oppose.

Dans la même déclaration, ils ont ajouté : «Les déclarations du régime inhérentes à l’accompagnement du mouvement populaire et les appels au dialogue lancés par le régime en place sont contredites de manière flagrante par ses mesures belliqueuses contre tous les acteurs qui s’opposent au plan de sauvetage du régime/système qui veut imposer une élection présidentielle.» Evoquant, encore une fois, les détentions, ils ont appelé à la libération de Louisa Hanoune et « à l’arrêt de l’offensive répressive qui s’est accélérée, marquée notamment par la mise sous mandat de dépôt, le 30 juin 2019, de plusieurs manifestants pour le port de l’emblème amazigh».

«Le jour même, un symbole de la Révolution algérienne, Lakhdar Bouregaâ, commandant de l’Armée de libération nationale, opposant au système et membre fondateur du FFS, est incarcéré pour avoir exprimé une opinion politique. Une incarcération suivie par l’infâme campagne de dénigrement et de diffamation à l’encontre de ce valeureux moudjahid par les médias publics et privés, devenus organes de propagande du régime. Cette campagne a suscité indignation et colère dans tout le pays», ont-ils dénoncé, soulignant que «ces faits à eux seuls démontrent une nouvelle fois l’impossibilité de toute solution conforme aux revendications des millions de citoyens dans le cadre du maintien du système en place».

Ils réaffirment, par ailleurs, « leur volonté d’agir en concertation avec toutes les forces vives de la nation pour la satisfaction des aspirations légitimes du peuple algérien afin de consacrer sa souveraineté par la mise en place d’un processus constituant souverain ». Ils ont, en outre, appelé à une action commune le 5 juillet 2019 : «A cette occasion, nous appelons les Algériennes et les Algériens à manifester massivement et pacifiquement pour exiger le départ définitif du système, la libération de tous les détenus politiques et d’opinion, l’arrêt de toutes les mesures répressives et le respect des libertés démocratiques.»

SourceReporters
- Advertisement -
Articles récents
- Advertisement -
A lire également
- Advertisement -