Fermeture des ports secs : licenciement, pertes financières et surcharge des ports

Fin mars dernier, la Direction Générale des Douanes (DGD) avait notifié la fermeture de 16 ports secs. Les lourdes retombées de cette décision n’ont pas tardé à se manifester. En effet, un document de la Fédération patronale des transports et de la logistique (SPC Translog), relayé jeudi dans la presse nationale, évoque l’impact induit par cette décision prise par les pouvoirs publics.

Si le ministre des Finances, Aymen Benabderrahmane avait rassuré quant aux conséquences d’une telle mesure, le constat fait par la SPC Translog est alarmant, vu le nombre d’emplois directs et indirects perdus et les pertes financières induites par la fermeture de ces entreprises.

En effet, la Fédération patronale des transports et de la logistique a rappelé, dans son document, que le 28 mars dernier, le Directeur général des Douanes a pris « de manière unilatérale » la décision de fermer 16 entreprises nationales, publiques et privées, qui existaient depuis plus de 15 ans pour les plus anciennes et qui activaient comme plateforme logistique à l’import et à l’export.

Selon les derniers notes de douanes, 5 ports secs, appartenant à 3 sociétés étrangères, à savoir MSC (société suisse), CMA.CGM (société française) et la société turque Arkas, ont été fermés sur décision du DG des Douanes.

Le président de la fédération patronale, Abdellah Seriai, cité par la même source, a dit ne pas comprendre ce qui a motivé la fermeture de ces entreprises. Selon lui, cette décision n’a été ni étayée ni argumentée officiellement. Pourtant, dit-il, la plupart d’entre elles se sont conformées au cahier des charges et avaient levé rapidement les réserves qui leur avaient été émises. Pour la seule région d’Alger, indique la même source, pas moins de 11 ports secs, dont 3 entreprises publiques, ont été fermés unilatéralement.

Selon le même document, précise le même journal, « 60 hectares en superficie utile d’entreposage de conteneurs, représentant deux fois la surface occupée par le port d’Alger, sont perdus, 11 scanners pour faciliter le contrôle des marchandises ne sont plus opérationnels, sans parler de déficit en moyens de manutention d’au moins une cinquantaine de stackers, d’une dizaine de parcs à feu pour recevoir tous les produits dangereux et de 11 salles de saisie pour les transitaires afin de procéder à leur déclaration en douane. »

Des milliers d’emplois directs et indirects perdus

« Les investissements réalisés sont d’au moins 260 millions de dollars, dont près de 80 millions directement en devises », souligne la fédération patronale dans son document, qui précise que la décision prise par les pouvoirs publics a causé une perte de plus de 3000 emplois directs et 10 000 indirects, entre transporteurs routiers, personnels des sociétés de sécurité, transitaires, etc.

La fédération a également évoqué dans son document l’impact sur le taux de fret. « Dès l’annonce de la fermeture des ports secs, les grands armateurs de conteneurs ont décidé de réduire le volume de transport sur l’Algérie de 30%, voire de 50% pour certains », souligne la même source qui précise que, « la conséquence directe de la réduction de l’offre de transport sur l’Algérie est l’augmentation des taux de fret qui culminent à des niveaux jamais atteints. » 

Selon le document de la SPC Translog, le prix du conteneur de 40 pieds pour son transport d’Asie, qui était de 3000 dollars avant la pandémie, a atteint 12 000 dollars à partir d’août et septembre 2020. Ces prix ont commencé à décroître en janvier, mais depuis avril, ils sont repartis à la hausse en comparaison avec les pays voisins.

« Même en acceptant de payer le double ou le triple, les opérateurs nationaux ont du mal à trouver des armateurs pour acheminer leurs marchandises vers l’Algérie, même 16 000 dollars le conteneur. La situation est tellement grave que les armateurs surnomment l’Algérie  »de piège à conteneurs ». Entre 12 000 à 18 000 conteneurs appartenant aux opérateurs emprisonnés sont bloqués. Ils renferment plus de 20 000 véhicules en pièces détachées, entre camions, bus et véhicules de tourisme », indique la fédération patronale.

D’après les chiffres communiqués par Abdellah Seriai, 450 millions de dollars sont le montant de transfert des surestaries conteneurs en 2021, alors qu’il était de 250 en 2020. « Quant aux surestaries navires payées à travers l’augmentation des coûts du fret maritime en provenance d’Asie et qui représente environ 30% de nos importations, elles sont de l’ordre 1,2 milliard de dollars », de sources autorisées.

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