Finances islamiques : introduction timide dans l’économie nationale

La finance islamique et ses perspectives d’avenir seront au cœur d’un symposium, premier du genre, qui se tiendra le 24 et 25 novembre à Alger, au palais de la Culture. Placée sous le thème «Apports de la finance islamique à l’économie nationale, enregistre la participation de 9 pays.

Au programme de cette manifestation, des conférences touchant à divers aspects de la thématique, animées par 25 conférenciers qui se succéderont à la tribune. Parmi eux, ceux venus de huit pays (Tunisie, France, Maroc, Emirats arabes unis, Malaisie, Bahreïn, Sénégal, Arabie Saoudite, Grèce), aux côtés de nombreux nationaux représentant des institutions, des établissements financiers, des banques, la Bourse d’Alger, ainsi que des compagnies d’assurance, dans le but d’établir un benchmark par pays sur les différentes expériences observées à travers le monde, succès ou échecs, dans l’implémentation de la finance islamique, pour en tirer les meilleurs enseignements et mesurer ses retombées et ses apports à l’économie nationale.

En Algérie, l’intérêt des autorités pour la finance islamique s’est accru à mesure que grandissait le besoin pour le pays de trouver de nouvelles sources de financement de l’économie ; notamment par la captation de l’argent informel qui échappait au circuit bancaire formel. Après le «succès» relatif de l’inclusion financière, les autorités monétaires, à leur tête la Banque d’Algérie, se sont tournées vers la finance islamique afin de convaincre une partie de détenteurs de capitaux réfractaires au système moderne financier pour des considérations religieuses. Or, la finance islamique, selon ses propres acteurs, ne représente, jusqu’à aujourd’hui, que 3% du chiffre d’affaires de l’activité bancaire.

Récemment, la Banque d’Algérie s’est attelée à l’élaboration d’un nouveau régime juridique qui permettrait aux banques publiques de commercialiser des produits de la finance islamique. L’annonce en avait été faite par le ministre des Finances, M. Raouya, en réponse à une question orale, lors d’une plénière à l’Assemblée populaire nationale (APN), sur les raisons du gel de l’émission de produits islamiques dans les banques publiques. En effet, à la fin de 2017, trois banques publiques (Cnep, BADR et BDL) devaient lancer chacune leurs offres, mais l’opération n’a pas semblé faire des émules. Elle a été simplement suspendue et assujettie à un nouveau régime sur le financement alternatif ou la finance islamique, visant à encadrer l’activité des fenêtres des produits financiers islamiques au niveau des banques publiques.

Un cadre juridique organisationnel qui aidera à élargir les transactions financières islamiques, notamment en émettant des emprunts souverains et la création de mutuelles d’assurance et de réassurance, est toujours en cours d’élaboration. En attendant, le premier symposium de l’assurance et de la finance islamique (SAAFI 2018) tâchera de faciliter les efforts des pouvoirs publics dans leur rôle d’intégrer les produits de la finance islamique, conformes aux préceptes de l’Islam, dans le système financier national en vue de l’élargissement de la bancarisation et l’inclusion des ressources financières disponibles.

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