HomeEconomieHydrocarbures : L’Europe craint une pénurie de pétrole

Hydrocarbures : L’Europe craint une pénurie de pétrole

Selon des experts, des risques de pénurie de pétrole sont à craindre, à l’échelle de l’Union européenne (UE), parce qu’il existe une forte probabilité que la production pétrolière totale des seize principaux fournisseurs de l’Europe baisse significativement d’ici à 2030. L’UE ferait ainsi face à une tendance au déclin irréversible. Cela ressort d’une étude réalisée par The Shift Project, un think tank français. L’étude tient compte des données établies par la société Rystad Energy, référence de l’industrie pétrolière dans le monde.

Au cours de ces cinq dernières années, les pays producteurs n’ont pas suffisamment investi dans l’exploration, en raison de la chute des prix du pétrole, ce qui a fait stagner la production de pétrole, voire diminuer légèrement. Il en résulte, et c’est normal, un déséquilibre entre l’offre et la demande. Si l’on considère l’ensemble des seize producteurs qui assuraient, en 2018, 95% des approvisionnements des vingt-sept pays membres de l’Union européenne, le déclin de leur production au-delà de 2030 “devrait présenter un caractère irréversible” jusqu’à l’horizon 2050, comme le fait observer l’étude. Celle-ci souligne : “Ni le développement de l’exploitation des champs déjà découverts ni d’éventuelles découvertes significatives ne devraient pouvoir enrayer ce déclin.”

Et alors que la production n’est pas au mieux de sa forme, la demande a commencé à se reprendre sous l’effet du redressement, même timide, de l’économie mondiale. Elle est repartie très vite cette année et le mouvement risque de se prolonger l’an prochain. Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la demande de pétrole devrait dépasser à fin 2022 le niveau qu’elle avait atteint avant la pandémie. Dans son dernier rapport mensuel, l’Opep a également établi des prévisions optimistes sur la demande. Le scénario est donc le même : la demande de pétrole rebondit très vigoureusement avec le redémarrage de l’économie mondiale.

Dans ce contexte, les prix de l’or noir augmentent. Les producteurs s’en réjouissent, les pays consommateurs en sont mécontents. Cela donne une raison supplémentaire pour réfléchir à de nouvelles sources d’énergie. L’étude relève à ce sujet : “La meilleure façon d’avancer vite, c’est de s’organiser en ce sens ; le poids que vont occuper les pays émergents sur le marché du pétrole doit nous (les pays de l’UE) inciter aussi à élargir le cadre de notre réflexion, car, il est inutile de ‘verdir’ nos sources d’énergie si les pays les plus peuplés du monde et les plus dynamiques économiquement continuent allégrement à augmenter leurs émissions de gaz à effet de serre. La coordination doit aussi se faire au niveau mondial.”

Si l’Union européenne arrive à avancer dans les domaines des énergies renouvelables, la quantité globale de pétrole qu’elle consomme va progressivement diminuer au cours des prochaines années. Le développement de carburants alternatifs propres (biocarburants) pour les transports doit être une des réponses de l’UE aux défis des prix du pétrole et du changement climatique, notent des experts.

 

Youcef Salami

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