Industries des réseaux: le secteur privé veut avoir une part du gâteau

L’amélioration des réseaux de gaz, d’électricité, d’eau, des transports et des télécommunications en Algérie devrait passer par la levée du monopole public sur certains segments de ces activités, en accompagnant cette libéralisation par un renforcement du système de régulation afin de continuer d’assurer une qualité de service optimum aux citoyens, ont recommandé mardi des experts algériens et étrangers.

Intervenant lors d’un séminaire de deux jours ayant pour thème « industries des réseaux : électricité, gaz, eau, transport et télécommunication », organisé par le CNESE, le professeur spécialiste des services publics, Pierre Bauby, a exposé l’expérience française dans l’évolution des industries des réseaux, en donnant comme exemple la société EDF.

Pr. Bauby a expliqué comment EDF, ayant fonctionné pendant 50 ans en bénéficiant du « monopole naturel intégré » qui touche la production, le transport et la distribution de l’électricité, a dû s’adapter, notamment à la mondialisation, pour passer d’une position de monopole à un système basé sur la concurrence et d’un système centralisé à une décentralisation de ses activités, ou encore d’un statut de fournisseur de service public à une logique de traiter le client selon sa solvabilité.

L’expert a estimé qu’il n’existait pas de modèle « tout fait » et qu’il était préférable d’adapter son modèle aux données propres à l’environnement où l’on évolue.

Lors de son allocution, le PDG de Sonlegaz, Chaher Boulakhras, a affirmé que malgré les 52 ans d’existence de Sonelgaz, le groupe compte améliorer davantage ses acquis cumulés au cours de cette période, reconnaissant, ainsi, que l’entreprise est consciente de ses insuffisances.

« Sonelgaz n’envisage pas de réaliser ses ambitions sur les plans national et international seule », selon son PDG qui a déclaré, à ce titre, réfléchir plutôt à des alliances, « une politique qui s’est déjà avérée fructueuse », selon lui.

Invité à prendre part à ce séminaire en tant que modérateur d’un atelier regroupant les entreprises activant dans les réseaux du gaz, l’ancien ministre des Energies, Abdelmadjid Attar, n’a pas partagé l’avis de certains intervenants concernant la démonopolisation sur certaines activités qui nécessitent des réseaux de transport.

M. Attar a ainsi estimé que le transport de certains produits (électricité, eau et gaz), relevait du service public, pour des considérations de tarification étudiée et administrée, ce qui rend « très difficile » de le dé-monopoliser, du moins pour le moment.

Par contre, il ne s’est pas montré contre la possibilité de lever le monopole dans la production et la distribution, en donnant la gestion en concession comme c’est le cas pour l’eau avec la SEEAL.

Pour sa part, le chef de cabinet adjoint au ministère du Développement économique en Italie et spécialiste du marché des télécoms, Antonio Manganelli, a évoqué la libéralisation du marché des télécommunications sans pour autant qu’il y ait privatisation.

Tout cela en assurant une bonne régulation du marché afin d’offrir le meilleur service, mais aussi le meilleur prix au client, a-t-il développé.

De son coté, le cadre du CNESE, Dr. Djamila Halliche, a soutenu que les industries des réseaux peuvent être optimisées à travers, notamment, l’introduction des technologies et de nouvelles formes d’investissement, dans le but de créer une dynamique dans ces industries avec une amélioration de la qualité du service fourni aux citoyens.

Dr. Halliche a prôné une gestion et des investissements intelligents, considérant que les industries des réseaux en Algérie avaient plus besoin d’un travail d’ajustement que d’investissement.

Le président du Conseil national économique, social et environnemental, Rédha Tir, a insisté, lors de son intervention, sur l’objectif de ce séminaire, le définissant comme un espace permettant de faire des réflexions et de propositions afin d’améliorer le service public et l’efficacité des réseaux de l’eau, de l’électricité et du gaz qui sont étroitement liés aux citoyens.

M. Tir a souligné qu’à l’issue des débats et des ateliers, la proposition de « rééquilibrer les tarifs » ainsi que « la révision de toutes les subventions, en tenant compte du pouvoir d’achat des citoyens » pourrait être formulée, afin d’optimiser la dépense de l’Etat.

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