Le chiffre du jour : l’Algérien consomme une moyenne annuelle 111 kg de pomme de terre

Vraisemblablement, l’Algérien est plus gros consommateur de la pomme de terre au monde, si on se convie à la déclaration du ministre de l’Agriculture, à l’occasion de la rencontre aujourd’hui initiée par le Conseil national interprofessionnel de la filière pomme de terre.

« La consommation annuelle moyenne par habitant de la pomme de terre est de 111 kg », lance le ministre de l’Agriculture Abdelkader Bouazgui. La consommation moyenne mondiale du féculant est de l’ordre de 31 kg. Il faut dire le chiffre de 111 kg/an, communiqué au Ministre par ses collaborateurs, a provoqué un sursaut chez plusieurs cultivateurs de ce légume qui reste largement consommé en Algérie et dans le monde.

« Je me demande sur quelle base on a fait le calcul pour obtenir cette moyenne, le chiffre annoncé par le Ministre est excessivement élevé», fait remarquer devant la presse un agriculteur venu de la région Mostaganem. « La consommation moyenne est de l’ordre de 70 kg/h/an, elle ne peut pas dépasser ce seuil », tonne ce producteur qui possède de 60 hectares. Cet avis est partagé pour un agriculteur issu de Ain Defla, une région à vocation agricole par excellence, située à 100 km à l’Est d’ Alger.

D’autres agricultures, présent à cette rencontre, sont préoccupés plus par le rendement et le développement de la filière ainsi que prix de gros la pomme de terre.

« Le prix au détail de la pomme de terre est élevé cette année, alors que prix de gros est bas sur toute la saison. Le prix de gros se situe entre 25 à 30 DA, alors qu’il est de 60 DA et plus chez le commerce du coin. Sans les aides de l’Etat, la filière aurait coulé depuis bien longtemps », témoigne un agriculteur-multiplicateur de la pomme de terre qui active dans la wilaya de Mascara. « Lorsque le prix de gros est en dessous de 35 DA, le fellah subit une perte sèche », raconte le sexagénaire, désarmé devant ce qu’il appelle « le lobby de la spéculation».

« Le producteur et le multiplicateur ne gagnent presque rien devant le transformateur, le revendeur », Souligne D.Kader qui se plaint de l’administration fiscale. « Avec toute les difficultés que nous avons, les services des impôts nous enfoncent davantage », nous confie Ami Kader. « L’Inspecteur des impôts passe devant une plantation, il sort sa calculettes et fait sortir ce qu’on paie », raconte-t-il. Entre temps, « pour des raisons diverses, l’agriculteur perd souvent une bonne partie de la culture», souligne notre interlocuteur qui souhaite « un assouplissement des rapports entre les agriculteurs et l’administration des impôts».

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