Le Pdg du groupe Cevital à l’université d’été du Medef : Issad Rebrab décline son plan Marshall pour le développement de l’Afrique

Aujourd’hui, «les plus grands pays producteurs et fournisseurs du monde entier, y compris la Chine (soja, maïs, même une partie du blé), en dehors de quelques pays européens, viennent des USA, du Brésil et de l’Argentine alors qu’il y a les même terres et les mêmes possibilités de développement en Afrique», a noté Issad Rebrab, lors de la conférence à l’université d’été du Medef.

Le Pdg du Groupe Cevital, Issad Rebrab, qui participait avant-hier à Paris à une conférence à l’Université d’été du Medef, a plaidé en faveur d’un plan Marshall pour le développement de l’Afrique. «Ce qui est aussi à inscrire au niveau des points noirs, c’est le flux migratoire que l’Europe connaît actuellement.

Les Européens pensent l’endiguer en mettant des barrières. Moi, je pense que la solution n’est pas là, d’autant plus que l’Afrique aujourd’hui et dans les 30 prochaines années va connaître une croissance démographique des plus importantes au niveau mondial. 40% de la croissance mondiale se trouvera en Afrique», a estimé le patron du groupe Cevital lors d’un panel intitulé «Quels scénarios pour la croissance mondiale ?

Noir, rouge ou vert ?» organisé dans le cadre de l’université d’été du Medef, première organisation patronale en France. Et d’ajouter : «Quand on voit la situation économique de l’Afrique, beaucoup de pays où peut-être même la majorité des Africains n’arrivent pas à assurer leurs sécurité alimentaire. Il est évident que les jeunes africains veulent aller vers les pays développés. Pour moi, la solution existe. Elle est possible et est à la portée de tout le monde.

Si on veut endiguer l’émigration vers l’Europe, il faut un plan Marshall pour l’Afrique.» Pour Issaad Rebrab, les projets de développement en Afrique sont rentables. «Je dirais que ce ne sont pas les entrepreneurs qui manquent, qu’ils soient européens ou africains.
Ce n’est pas l’argent qui manque à partir du moment où on sait que tous les projets de développement en Afrique sont bancables et rentables. D’autant plus que cela va créer un grand marché aux portes de l’Europe. Si on montait ce plan Marshall dans l’éducation, les infrastructures ferroviaires, routières et portuaires, le continent africain pourra s’auto-suffire du point de vue de la sécurité alimentaire», a expliqué le patron du groupe Cevital.
Aujourd’hui, «les plus grands pays producteurs et fournisseurs du monde entier, y compris la Chine (soja, maïs, même une partie du blé), en dehors de quelques pays européens, viennent des USA, du Brésil et de l’Argentine alors qu’il y a les même terres et les mêmes possibilités de développement en Afrique», a noté Issad Rebrab, en précisant que l’Afrique qui représente 26% de la surface terrestre du globe et 16% de la population mondiale, «n’a pas 3% du PNB ».

Le désenclavement du continent africain passe, d’après lui, nécessairement par le développement du rail. «Nous avons fait une étude. Nous exportons des ports algériens actuellement des produits vers certains pays africains. Pour arriver d’Alger jusqu’en Centrafrique, il faut à peu près un mois et demi à deux mois et demi, alors qu’avec un réseau ferroviaire, entre un port algérien jusqu’en Centrafrique, c’est moins de 36 heures.
La même chose pour le Côte d’Ivoire ! Quand nous expédions un conteneur d’un port algérien, il met un mois et demi, alors que par voie ferroviaire, il mettrait 36 heures», a fait savoir Issad Rebab, dont le groupe avait plaidé pour un projet pharaonique de chemin de fer. Le patron du premier groupe privé algérien a par ailleurs évoqué la responsabilité commune des patrons d’entreprises et des politiques face à la menace du réchauffement climatique sur la planète.

«Sur le scénario noir, je vois les guerres, le terrorisme et le changement climatique. Au niveau du changement climatique, 40% de la population mondiale va connaître d’ici 2030 le stress hydrique, et très particulièrement en Afrique du Nord, au Moyen-Orient, mais aussi en Inde, aux USA, en Australie. Un peu partout dans le monde ! Donc, nous avons tous, que ce soit les chefs d’entreprises ou les politiques, un grande responsabilisé au niveau de la planète. On n’a pas de planète de rechange», a-t-il souligné.

El Wattan

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