Planche à billets :tirage de 6556 milliards de dinars depuis 2017 dont 1000 milliards uniquement en janvier 2019

Face aux craintes exprimées par les experts quant à un emballement de l’inflation, Ahmed Ouyahia se veut serein, affirmant que le financement non conventionnel n’induira aucune hausse de l’inflation. Dans son argumentaire, Ouyahia s’est référé à la courbe descendante de l’inflation, ces dernières années, ayant atteint, selon lui, 6,5% fin 2016, pour passer à 5,5% fin 2017, puis à 4,3% fin 2018. Répondant aux interrogations des membres de l’APN, Ouyahia a précisé, selon l’APS, que le volume du financement non conventionnel avait atteint 2185 milliards de dinars en 2017, puis 3471 milliards de dinars en 2018 et près de 1000 milliards de dinars en janvier 2019.

Selon le Premier ministre, dans le détail, 2287 milliards de dinars ont été consacrés à l’assainissement des banques et des sociétés et 2470 milliards de dinars au renforcement du Trésor public pour faire face au déficit budgétaire, outre 864 milliards de dinars destinés à la Caisse nationale des retraites (CNR). Par ailleurs, 938 milliards de dinars ont été affectés, selon le bilan du Premier ministre, au Fonds national d’investissement (FNI), pour le financement de certains projets de développement, à l’instar de la réhabilitation des structures du complexe de phosphate et le programme de logements AADL.

«En recourant à ce mécanisme, le niveau de la dette publique interne a atteint 36% du PIB de l’Algérie, un chiffre appelé à baisser au regard du recul progressif du déficit prévu dans le budget de l’Etat jusqu’en 2022», a ajouté M. Ouyahia.

Il est à rappeler que le ministre des Finances, Abderrahmane Raouia, avait maintes fois défendu la décision de l’Algérie de recourir, depuis la fin 2017, au financement non conventionnel pour couvrir une partie des dépenses publiques. Face aux critiques émises notamment par le FMI, qui a suggéré, il y a quelques mois, lors de son évaluation de l’économie algérienne, «l’arrêt du financement monétaire», M. Raouia a refusé tout recours à l’endettement extérieur par l’Algérie, en défendant le choix de recourir au financement direct du Trésor auprès de la Banque d’Algérie.

Dans son rapport, le FMI avait soutenu que les autorités algériennes disposaient encore «d’une fenêtre d’opportunités» pour «atteindre le double objectif de stabilisation macroéconomique et de promotion d’une croissance durable».

Mais cela nécessitera, selon le FMI, de recourir à un large éventail d’options de financements, notamment l’émission de titres de dette publique au taux du marché, des partenariats public-privé, des ventes d’actifs et d’emprunts extérieurs pour financer des projets d’investissements bien choisis. L’institution internationale avait cependant relevé que le gouvernement algérien reste engagé dans son plan de consolidation budgétaire en 2019, pour rétablir l’équilibre extérieur et budgétaire.

source El Watan

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