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Reprise de l’activité économique mondiale: les prix du baril à plus de 75 dollars

Une institution américaine avait prédit que le baril atteindrais 80 dollars cet été. On est pas loin de cette prévision.

En moins de trois mois, l’or noir a en effet gagné pas moins de 42 dollars et, tout porte à croire, que la hausse des cours ira bien au-delà de la barre des 75 dollars, dans les jours à venir. Tout indique effectivement, que cette hausse tendancielle des cours de l’or noir, portée par un redémarrage en trombe de pratiquement tous les pays industrialisés, à commencer par ceux de l’Asie et de l’Amérique du Nord, va, non seulement, se poursuivre, mais s’intensifier à la faveur d’un processus de rattrapage des retards cumulés durant la longue période de pandémie. La demande en énergies de toutes natures, sera décuplée mais l’offre aura du mal à y répondre convenablement dans l’état actuel de la production mondiale, très affectée, comme on le sait, par les milliers de fermetures de puits d’hydrocarbures (pétrole et gaz de schistes notamment) et le recul des investissements dans la recherche et l’exploitation d’hydrocarbures.

Il y a eu aussi les restrictions de quotas de production de l’OPEP qui ont quelque peu tiré l’offre mondiale vers le bas. Ce cocktail de faits et de décisions a subitement fait bondir les cours du brut, qui prendront très certainement une envolée encore plus spectaculaire, lorsque les gros consommateurs d’énergies comme les avions (le fret aérien mondial aurait augmenté de 12% en avril), les bateaux et les trains reprendront leurs activités énergivores. Cette tendance au creusement du différentiel entre l’offre, en stagnation, et la demande, en explosion, a été accentuée par l’Agence Internationale de l’Énergie dont les commentaires alarmants sur le déficit de l’offre mondiale de pétrole, n’ont pas tardé à faire flamber la demande en énergie, notamment fossiles. Le plan de relance économique de plus de 1900 milliards de dollars mis en branle par l’administration américaine, portera très certainement cette demande en énergie à des niveaux records, que la production mondiale aura du mal à satisfaire, du moins, sur le court terme.

Comme on a pu le constater ce mardi 15 juin 2021, le baril de Brent, tout comme le WTI, ont largement franchi la barre des 70 dollars, le premier étant coté à 73,07 dollars et le second à 71,53 dollars. Une prime supplémentaire de deux dollars étant généralement accordée au pétrole algérien (Sahara Brent), son prix, pour les livraisons du mois d’août, se situerait donc aux alentours de 75 dollars le baril.

Cette remontée spectaculaire des prix qui promet de s’inscrire dans la durée, fera évidemment le bonheur des grands producteurs d’hydrocarbures, qui trouveront ainsi l’occasion de redresser leurs comptes publics et de remettre leurs machines économiques en marche. Ça ne sera malheureusement pas le cas de l’Algérie dont la production d’hydrocarbures déjà insuffisante au regard de ses besoins financiers nationaux, a encore baissé, d’environ 8% durant l’année 2020. De 1,02 millions de barils par jour en 2019, la production a en effet chuté à 900.000 barils en 2020. Les exportations seront donc nécessairement moindres, d’autant plus que la consommation domestique qui pompe déjà plus de moitie de la production de la Sonatrach, est en constante progression. Pour faire tourner ses raffineries, ses usines et satisfaire aux divers besoins domestiques des 45 millions d’algériens, la consommation intérieure pourrait atteindre cette année, la moitié de la production nationale d’hydrocarbures.

A supposer que le baril atteigne en fin d’année le prix moyen de 72 à 74 dollars, comme l’affirment déjà certains spécialistes, l’Algérie ne pourra encaisser dans le meilleur des cas, qu’environ 25 à 27 milliards de dollars à la fin de l’année 2021. Un résultat qui ne peut évidemment pas répondre aux besoins incompressibles de la population. L’équation paraît même insoluble, quand on sait que plus de la moitié de la fiscalité pétrolière exprimée en dollars est accaparée d’avance par certains départements ministériels (Défense, Anciens moudjahidines, sécurité sociale, notamment), qui ne laissent plus qu’une quinzaine de milliards de dollars de disponibles, aux algériens.

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