Sonelgaz: entame de la construction d’une centrale électrique à Tripoli

Des équipes de la Société algérienne de production électrique (SPE, filiale de Sonelgaz) sont à pied d’oeuvre pour construire une centrale électrique en Libye, et ce, dans un délai court de deux mois, a indiqué son PDG, Sabri Lezhari.

« Depuis la semaine dernière, les équipes de SPE ont pris en charge le transfert de huit turbines pour la construction d’une centrale de 160 MW à Tripoli, dans le cadre d’un plan d’urgence pour soulager le réseau libyen en vue d’assurer le passage de l’été 2021 », a affirmé M. Lezhari dans un entretien à l’APS.

Dans le cadre de ce projet, il est prévu le transfert de turbines à gaz mobiles déjà en exploitation à la centrale d’El Oued et de Boufarik (Blida) acquises en 2014, a-t-il précisé.

« Vu l’excès enregistré en termes de production au niveau national, le transfert de ces turbines dans le cadre d’un contrat de location est devenu possible et représente une excellente opportunité pour notre société », a-t-il expliqué.

Cette sollicitation intervient, a-t-il ajouté, suite à l’expérience « réussie » de l’intervention effectuée par des équipes de SPE en octobre 2020 et qui avait permis la remise en service de la centrale de Khoms (260 MW).

Actuellement, des équipes de la société sont sur place et assurent de l’assistance, de l’expertise et de la formation aux personnels de la compagnie générale libyenne d’électricité (GECOL).

Dans ce contexte, M. Lezhari a souligné que SPE est en mesure de réaliser des centrales électriques avec ses propres équipements et main oeuvre locale, mettant en avant à ce sujet les investissements engagés en matière de réalisation d’unité de production et les efforts de formation de la ressource humaine.

Le taux d’intégration de la filière électrique nationale a atteint « un niveau appréciable », a-t-il fait savoir, évoquant en particulier l’entrée en production de l’usine de fabrication des turbines à vapeur de Batna, réalisée en partenariat avec le groupe américain General Electric (GE).

« Nous disposons aussi des unités qui assurent la fabrication des pièces électriques destinées aux centrales, ainsi que les services de maintenance et d’expertise », a-t-il soutenu.

                De nouvelles centrales en perspective

La SPE a mis en service une capacité moyenne de production de 2.000 MW par an, soit l’équivalent de 2 milliards de dollars d’investissement, a-t-il également rappelé en soutenant que cet effort entamé en 2015 sera maintenu jusqu’à 2025 avec l’entrée en service de nouvelles centrales.

Il s’agit des centrales « Oumache 1 » à Biskra de 1.200 MW, de la centrale de Kaïs (Khenchela) de 1.000 MW et de la centrale de Bellara (Jijel) de 1.200 MW dont l’entrée en service interviendra avant la fin 2021.

En 2022, il est prévu la réalisation de la deuxième partie de la centrale de Kaïs, la mise en service de la centrale de « Hassi R’mel 2 », alors que la centrale de Ain Ouassera (Djelfa) et une partie de la centrale de Mostaganem entreront en production en 2023, en attendant la mise en service de la deuxième partie en 2024.

Ce programme sera bouclé avec l’inauguration de la centrale « Oumache 3 », qui est une extension de la centrale actuelle construite entièrement avec du matériel fabriqué localement et dont les travaux d’EPC (Engineering, Procurement and Construction) seront pris en main par SPE et ses partenaires coréens Hyundai et Daewoo dans le cadre d’une joint-venture.

         Redéploiement du personnel, une nécessité de service

S’agissant de la question du redéploiement du personnel, notamment celui de l’ancienne centrale de Béchar, une unité qui n’est plus en état d’exploitation depuis 2019, le PDG de SPE a soutenu que cette décision est la « seule solution légale et envisageable » en vue de préserver les emplois et d’assurer le fonctionnement des nouvelles centrales réalisées dans le reste du pays.

M. Lezhari a expliqué que la décision de transfert du personnel de l’ex-unité de Béchar vers les nouvelles centrales de Hassi R’mel et Hassi Messaoud a été « bien étudiée » et entérinée par le Conseil d’administration, en présence du partenaire social et « en tenant compte de la préservation des droits et acquis sociaux des employés ».

Déclassée depuis 2007 et retirée d’exploitation par une décision officielle en mois de janvier 2019, la centrale électrique de Béchar, dotée d’une faible puissance (24 MW) qui fonctionnait avec du fioul (diesel), n’est plus en mesure de produire et sera retirée des actifs de l’entreprise.

S’agissant de l’avenir de son personnel au nombre d’une quarantaine, il a été décidé le maintien sur le site de neuf agents ayant plus de 55 ans d’âge et proche de la retraite, alors que le reste des employés a été informé de son affectation vers les centrales de Hassi R’mel et Hassi Messaoud, a fait savoir M. Lezhari.

« Nous ne pouvons pas maintenir tous ces employés au niveau d’une centrale qui est à l’arrêt et retiré officiellement d’exploitation. Nous avons saisi à deux reprises les travailleurs à travers l’envoi d’une fiche de voeux pour leur permettre de choisir un site de production qui leur convient. Mais jusqu’à présent, ils n’ont pas encore répondu », a-t-il précisé.

M. Lezhari a ajouté que des responsables du Pôle Ouest de SPE, dont dépend la gestion de cette unité, ainsi que le directeur des ressources humaines se sont déplacés le 29 juin dernier pour se rapprocher des travailleurs et les sensibiliser sur la nécessité d’adhérer à ce plan de redéploiement qualifié « d’inévitable » et prévu, selon lui, par la convention collective signée avec le partenaire social.

La société mère avait été informée sur cette décision au même titre que la Commission de régulation de l’électricité et du gaz (GREG), a-t-il encore précisé.

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