Les prix des fruits et légume flambent durant ce mois jeûne. Cette flambée est particulièrement excessive dans le sud du pays. Pourtant, le ministre du Commerce, Said Djellab, avait prévenu contre la pratique des prix hors portée du portefeuille des ménages. Il a promis des sanctions contre les récalcitrants.  Il n’en est rien au bout du compte. Le commerçant fait ce qu’il veut, en attendant des jours meilleurs pour les citoyens.

Pour preuve, les prix des fruits et légumes, dans le sud du pays, connaissent une hausse encore plus importante que dans le Nord, depuis le début du mois de ramadhan. D’après les estimations de l’Association nationale des commerçants algériens (ANCA), la différence avoisine en moyenne 30%. Plus, la coordinatrice des régions du sud de l’Association de protection et d’orientation des consommateurs et de l’environnement (APOCE), Chaïma Cherad, affirme que les prix des produits ont carrément doublé. Surtout, précise-t-elle, dans les régions de l’extrême sud comme Tindouf.

«Si le prix de la pomme de terre est à 50 Da le kilo dans le nord du pays, elle coûte ici 100 DA. Les prix référentiels, fixés en coordination avec le ministère du Commerce, ont doublé, et ce, même dans les communes situées sur la RN 50», fait-elle savoir. Elle explique, à ce propos, que d’une façon générale, en effet, la hausse des prix dans les régions du sud du pays est justifiée par les coûts du transport, plus chers dans les endroits isolés.

«Seulement, la flambée exagérée des prix ne se limite pas aux communes isolées mais concerne aussi celles qui se trouvent à proximité de la route nationale. Ce qui est incompréhensible», indique-t-elle. Elle déplore que, dans les régions isolées, les prix ont franchi un seuil encore plus intolérable. Dans ces régions, constate-elle, non seulement les prix sont plus chers mais les produits agricoles distribués ne répondent pas à la demande. Pis, certains légumes de base ne sont même pas disponibles.

Pour le président de l’ANCA, Hadj-Tahar Boulenouar, les coûts, excessifs, du transport sont à l’origine de la flambée dans les prix. «Plus les régions sont isolées et plus les coûts sont chers. Surtout que, dans le Sud, les marchés de gros se comptent sur les doigts de la main et sont capacité très réduite. Le fait également est que les unités de transformation industrielle se situent dans le Nord.

Ce qui affecte aussi les prix des produits agroalimentaires», rapporte-t-il. Chose que confirme la coordinatrice de l’APOCE, relevant que les prix des produits de large consommation, tels que le lait et le sucre, sont plus chers dans le sud du pays. «A Tindouf, par exemple, le lait en sachet coûte 25 DA au centre-ville mais entre 30 et 40 DA dans les autres communes, y compris dans celles situées sur la RN 50. Dans certaines régions, le lait n’y est même pas distribué alors que deux usines de transformation de ce produit sont implantées dans la wilaya», observe-elle. Cette situation, selon elle, n’est pas propre à Tindouf. Le même constat est enregistré à Tamanrasset, Adrar et Illizi, notamment.

Boulenouar estime qu’il est urgent de trouver des solutions à la problématique des coûts du transport et d’investir davantage dans la transformation industrielle et dans la production agricole. A Tindouf, par exemple, des légumes et des fruits sont produits mais le volume ne répond, d’après la représentante de l’APOCE, qu’à 05% de la demande.