Italie: le secteur manufacturier reste solide malgré une conjoncture difficile

À défaut de durcir drastiquement les conditions d’activité, le gouvernement italien a toutefois effectué quelques ajustements dans le cadre de la lutte sanitaire : l’état d’urgence a notamment été prolongé de trois mois (jusqu’au 31 mars 2022 désormais). Malgré la résurgence épidémique, les perspectives d’activité restent bien orientées pour cet hiver. Les indices PMI se maintiennent à des niveaux solides, en particulier pour le secteur manufacturier. Celui-ci a atteint un nouveau record en novembre (+1,7 point à 62,8), grâce notamment à des indices plus favorables pour l’emploi et les nouvelles commandes. Côté services, l’indice PMI s’est également amélioré (+3,5 points à 55,9). Sur les trois derniers mois, la moyenne des indicateurs PMI s’est maintenue à un niveau stable par rapport aux trois mois précédents, comme le montre le baromètre ci-dessous.

L’Italie n’est néanmoins pas épargnée par la remontée brutale de l’inflation, qui s’explique toujours en grande partie par l’explosion des prix de l’énergie. L’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) a augmenté de 3,9% en glissement annuel au mois de novembre. Les trois quarts de cette hausse s’expliquent par les composantes énergétiques (électricité & gaz, carburant). Par ailleurs, le bond des prix de l’énergie a été particulièrement violent sur les prix à la production en octobre (+27,7% m/m). Cette flambée des prix à la production devrait se répercuter très prochainement sur les prix à la consommation. À l’inverse, certains postes de l’IPCH restent en territoire négatif ; c’est notamment le cas de la communication et de l’éducation.

Par ailleurs, bien qu’en amélioration, la situation sur le marché du travail reste dégradée. On compte toujours près de 250 000 emplois en moins depuis le début de la crise sanitaire, tandis que la population active (somme des personnes en emploi et au chômage) chute de 380 000. La baisse du taux d’activité limite la remontée du taux de chômage (à 9,4% en octobre 2021) mais une telle baisse n’est pas forcément bon signe pour la croissance.

Le début d’année 2022 sera marqué par la succession de Sergio Mattarella au poste de président de la république. Mario Draghi fait office de candidat sérieux. Sa nomination pourrait avoir des répercussions sur l’avancée des réformes structurelles actuellement engagées. Néanmoins, elle ne devrait pas avoir d’impact significatif sur la trajectoire de croissance en 2022 qui s’annonce encore solide (+4,9% en 2022 selon nos prévisions).

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