mardi, juillet 14, 2020

Norvège : Une dynamique de croissance équilibrée

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La croissance de l’activité devrait légèrement accélérer en 2018. La Norvège devrait en effet bénéficier d’une conjoncture favorable chez ses principaux partenaires commerciaux. L’investissement devrait à son tour soutenir l’activité grâce aux perspectives de croissance et à des conditions de financement toujours avantageuses. Les créations d’emplois et la progression des salaires devraient favoriser la consommation des ménages, tandis que le gouvernement profitera de ces vents porteurs pour mener une politique budgétaire moins expansionniste.

La croissance de l’activité devrait accélérer en 2018. L’économie norvégienne devrait en effet continuer à bénéficier de vents porteurs et croître à un rythme supérieur à son potentiel. Le PIB total et le PIB hors activités pétrolières et transport maritime1 devraient ainsi progresser respectivement de 2% et 2,4% en 2018 (après + 1,8% pour l’un et l’autre en 2017).

■ Une croissance équilibrée
La Norvège devrait profiter de l’amélioration de sa compétitivité en 2017 et d’une conjoncture mondiale favorable. La bonne tenue de la croissance au sein de l’Union européenne (UE), son principal partenaire commercial, 2 devrait en particulier soutenir ses exportations. La nouvelle progression de l’indice des commandes étrangères dans le secteur manufacturier (Office statistique norvégien), à 57,3 points au T4 2017 après 53,8 au T3 2017, annonce d’ailleurs celle des exportations. Dans ce contexte, les entreprises œuvrant dans le secteur non pétrolier seront davantage enclines à investir, et ce d’autant qu’elles bénéficieront de conditions de financement avantageuses. Celles présentes dans le secteur pétrolier, confortées par la remontée des prix du pétrole depuis le printemps 2016, ne seront pas en reste. Les dépenses d’investissement dans le secteur pétrolier, qui se sont contractées durant quatre années consécutives, devraient ainsi amorcer une reprise cette année. Seule ombre au tableau, l’investissement résidentiel devrait se contracter en 2018 en raison de la baisse des prix immobiliers depuis le printemps 2017.

Malgré tout, l’embellie économique devrait se diffuser à l’ensemble de l’économie. Dès lors, le rythme des créations d’emplois pourrait légèrement accélérer au cours des prochains trimestres (après +1,1% en 2017). Le taux de vacance3 , qui a atteint 2,2% au dernier trimestre 2017 selon Eurostat, restait d’ailleurs orienté à la hausse. Ces créations d’emplois devraient s’accompagner d’une nouvelle baisse du taux de chômage, qui s’est établi à 4% en janvier 2018. La résorption des capacités excédentaires s’accompagnera vraisemblablement, à son tour, d’une hausse plus soutenue des salaires en 2018. Ces créations d’emplois conjuguées à la hausse des salaires alimenteront le revenu disponible et la consommation des ménages.

■ Légère hausse escomptée du taux directeur
Le gouvernement a revu à la baisse l’objectif d’inflation de la politique monétaire en mars 2018. Celui-ci, fixé à 2,5% en 2001 au moment où d’importantes recettes pétrolières soutenaient l’économie norvégienne, a été ramené à 2%. Ce nouvel objectif d’inflation modifiera à terme la dynamique des taux directeurs. La diminution de la cible d’inflation devrait s’accompagner d’un taux directeur plus élevé à moyen terme mais d’une inflation plus faible et donc de taux directeurs plus bas à long terme.

L’inflation est orientée à la hausse depuis fin 2017. Elle a atteint 2,2% en mars 2018, notamment soutenue par les effets de l’augmentation des prix de l’énergie et de la fiscalité indirecte au 1er janvier 2018. Certains de ces effets devraient s’estomper au fil des mois, mais la résorption des capacités de production et la hausse des salaires soutiendront probablement l’inflation sous-jacente. La Banque centrale de Norvège, qui avait ramené le taux directeur à 0,5% en mars 2016, pourrait donc initier un cycle de durcissement de sa politique monétaire dès la fin de cet été. La politique monétaire devrait cependant demeurer accommodante au cours des prochains trimestres, avec une remontée des taux progressive. D’autant que la banque centrale, qui prévoit un taux directeur à 2% à l’horizon seulement de la fin 2021, préfère se montrer prudente.

■ Une politique budgétaire globalement neutre en 2018
Le gouvernement devrait poursuivre une politique budgétaire globalement neutre en 2018 après avoir mené une politique expansionniste au cours des dernières années. Les recettes fiscales devraient progresser, mais il envisage de réduire certains impôts et d’accroître les dépenses publiques en faveur des infrastructures, mais aussi de la recherche et développement dans le but de diversifier l’économie norvégienne. Le solde structurel nonpétrolier, devrait ainsi peu varier en 2018 (après respectivement – 7,2% et -7,9% du PIB hors activités pétrolières et transport maritime en 2016 et 2017). Ce déficit, représentera environ 2,9% de l’actif du fonds de pension global norvégien en 2018, et demeurera donc juste en deçà du nouveau seuil de 3% fixé par le gouvernement. La règle fiscale prévoit en effet que les sommes prélevées sur le fonds de pension global norvégien pour financer le déficit ne dépassent pas les revenus que celui-ci génère, donc son rendement réel. Autrement dit, le déficit structurel non pétrolier (en % de l’actif du fonds souverain) doit être équivalent au rendement du fonds souverain. Or, le gouvernement norvégien a revu à la baisse le taux de rendement réel escompté de son fonds souverain. Celui-ci est passé de 4% – taux en vigueur depuis 2001 – à 3% en 2017, en raison de la baisse durable des taux d’intérêt. Les sommes prélevées augmenteront également moins rapidement qu’au cours des années passées en raison de la baisse des revenus pétroliers et d’une moindre accumulation du capital au sein du fonds. De fait, les revenus nets générés par les activités pétrolières – en moyenne de NOK 284,9 millions de 2000 à 2014 – ont atteint respectivement NOK 124,8 millions et NOK 167,8 millions en 2016 et 2017. Enfin, la diminution du seuil à 3% coïncide avec le souhait du gouvernement de limiter sa politique expansionniste.

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