mercredi, juillet 15, 2020

Coronavirus: l’incertitude pour évaluer les conséquences économiques

Les Plus lus

Transfert illicite des devises vers l’étranger: Maersk Tunisia soupçonné de fraude

Le feuilleton du leader mondial du transport maritime, Maersk Tunisia, continue de tourner sans trouver sans épilogue, tellement ses intérêts sont menacés sur le sol Tunisien. Cette menace, qui guette la Compagnie, fait bouger les lignes au point où elle fait sortir de son mutisme l’ambassadrice du Danemark, accréditée à Tunis mais résidante en Algérie, Julie Pruzan.

Restriction des importations des kits CKD/SKD: coup de massue au secteur de l’automobile

Moins de dix jours après l’annonce de recourir à l’importation des véhicules de moins de 3 ans, le ministère...

Le 28e Forum économique mondial: L’Afrique en route vers la 4e révolution industrielle

Le 28e Forum économique mondial sur l'Afrique est entré jeudi dans sa deuxième journée, et a appelé à cette...

Chiffrer les conséquences du coronavirus est un énorme défi. On peut les quantifier sur certains sujets grâce à un niveau satisfaisant de visibilité : répercussions internationales du choc de demande ou encore augmentation globale de l’incertitude. La visibilité relative aux effets des ruptures d’approvisionnement est beaucoup plus faible. La visibilité des impacts sur la Chine est encore moindre. À court terme, la différence entre la prévision consensuelle et le résultat devrait être supérieure à la normale. Cependant, si le pic de l’épidémie est atteint rapidement, la visibilité devrait s’améliorer très vite et donc soutenir la confiance

Eu égard au poids de la Chine dans l’économie mondiale, l’évaluation des conséquences du coronavirus pour la croissance économique est d’une importance capitale, mais c’est aussi une tâche redoutable. En effet, nous ne disposons pas encore de données macroéconomiques depuis l’apparition de l’épidémie. Les répercussions liées à la rupture des chaînes d’approvisionnement constituent une source de complexité supplémentaire. Vient ensuite le rôle de facteurs psychologiques : dans quelle mesure la chute de la confiance va-t-elle affecter les dépenses, en Chine comme dans le reste du monde ? À cet égard, les signaux envoyés par les marchés financiers n’apportent pas un grand éclairage. L’épidémie a provoqué un recul très passager à Wall Street et le S&P500 a atteint de nouveaux plus hauts historiques. Les indices européens ont aussi affiché de bonnes performances. Cela traduit probablement l’idée selon laquelle le choc est très temporaire avec des conséquences, en moyenne, assez limitées, pour les entreprises américaines et européennes. À l’évidence, il en va tout autrement des entreprises chinoises : l’indice de Shanghai est toujours aussi déprimé par rapport à son niveau antérieur à la crise. Sans doute la psychologie des investisseurs privés joue également un rôle. Le plongeon des cours des matières premières (pétrole, cuivre) traduit l’anticipation d’un fort repli de la demande, chinoise essentiellement, mais cela ne nous informe guère sur les impacts que cela aura dans le reste du monde. Les rendements des Treasuries ont rebondi, tout en restant en-deça du niveau d’avant la crise. Les investisseurs en obligations et en actions n’ont donc pas exactement la même appréciation des perspectives de croissance, même si l’anticipation d’un geste de la Fed sur les taux, en cas de besoin, pourrait également jouer un rôle.

ÉVOLUTION DES MARCHÉS

SOURCES : DATASTREAM, THOMSON REUTERS, BNP PARIBAS

Comme nous l’indiquions dans le dernier numéro d’Ecoweek, l’épidémie combine chocs de demande, d’offre et de confiance. L’évaluation du choc d’offre est d’autant plus difficile compte tenu du manque de données. Ce choc dépend de l’organisation spécifique des chaînes de valeur, à l’échelle de chaque entreprise, du niveau des stocks, ainsi que de l’(im)possibilité de trouver des sources d’approvisionnement 1 alternatives. Certaines informations font état d’un impact considérable lié aux ruptures des chaînes d’approvisionnement.

La tâche n’est guère plus facile concernant le choc de la demande en Chine. Le produit régional brut de la province de Hubei, l’épicentre de l’épidémie, représente 4,2 % du produit national. En partant de l’hypothèse réaliste d’une contraction significative de l’activité, l’on aboutit à un impact non négligeable sur le pays dans son ensemble, auquel il convient d’ajouter les effets indirects sur les autres régions : une chute de la demande dans la province de Hubei va entraîner une diminution des achats de biens et de services produits dans le reste du pays. Les effets d’une baisse de la confiance dConcernant les répercussions internationales, une étude du FMI montre qu’une baisse de la croissance chinoise de 1 % se traduit par un repli de 0,2 %2 de la croissance de l’Union européenne à moyen terme. Le chiffre pour les Etats-Unis devrait même être plus négatif3.

Pour l’Afrique subsaharienne, cet impact est de -0,7 %, pour l’Asie, il est d’environ -0,3 % et pour l’Amérique latine et les Caraïbes de -0,4 % 4 . Il y aussi l’impact lié à la hausse significative de l’incertitude. Du point de vue de l’analyse, cela pose deux défis : l’évaluation de cette hausse et l’estimation de son impact. Concernant le premier de ces défis, une étude récente de la BCE 5 montre le développement de l’incertitude économique et commerciale depuis le milieu des années 1990. Elle permet d’évaluer l’impact de certains événements (le 11 septembre, la guerre en Irak, la crise de la dette souveraine dans la zone euro, etc.) sur l’incertitude. À l’exception de la faillite de Lehman Brothers, les chocs correspondent pour la plupart à une variation de la mesure de l’incertitude d’environ un écart-type. À l’évidence, cela ne nous dit pas où se situe l’épidémie de coronavirus sur cette échelle, mais cela permet d’établir une comparaison, très subjective, il faut bien l’admettre. La montée de l’incertitude dépendra manifestement de l’exposition économique. Par conséquent, elle sera bien plus forte en Chine qu’en Europe. Dans l’hypothèse d’un choc de confiance temporaire d’un écart-type pour la zone euro, l’impact maximum sur la croissance devrait être d’environ -0,3 % 6.

Pour conclure, sur certains sujets, nous avons un niveau de visibilité satisfaisant de l’ordre de grandeur: conséquences internationales du choc de demande, répercussions de l’augmentation globale de l’incertitude. La visibilité est beaucoup plus réduite concernant les effets des ruptures d’approvisionnement. C’est encore plus le cas pour l’impact sur la Chine. Cela signifie qu’à court terme, les surprises des données économiques – la différence entre la prévision consensuelle et le résultat – devraient être supérieures à la normale, ce qui devrait être une source de volatilité du marché. Cela pourrait même pousser les entreprises à adopter une attitude attentiste jusqu’à ce que la situation s’éclaircisse. Si le pic de l’épidémie est atteint rapidement, cela devrait améliorer la visibilité de l’évolution de la demande et de l’activité et donc soutenir la confiance.

Articles récents

Assurances/la CAAT: 24,5 milliards DA de chiffre d’affaires, soit 2% de croissance en 2019

La Compagnie algérienne des Assurances (CAAT), a réalisé en 2019, un chiffre d'affaires de plus de 24,5 milliards de...

OAIC: un système numérique pour traquer le trafic

C'est un secteur qui a connu beaucoup de scandale et de détournements. Pour preuve, l'ex PDG de cette entreprise nationale, 'l'OAIC, séjourne actuellement en...

Trafic et stupéfiants: 6 narcotrafiquants arrêtés et saisi de marchandises

Des détachements de l'Armée nationale populaire (ANP) et des éléments de la Gendarmerie nationale ont arrêté, en coordination avec les services de la Sûreté...

Mascara/ liberté de la presse : le journaliste Ali Djamel Toubal condamné à 15 mois de prison ferme

La justice continue à frapper fort en emprisonnant des journalistes. Ainsi, la cour d’appel de la wilaya Mascara a condamné, ce mardi 14 juillet, un correspondant...

Aid el Adha: la fatwa du ministère autorise le sacrifice

On a fini par prendre la décision autorisant la population à sacrifier un mouton à l'occasion de l'Aid el Adha. Ainsi donc, la Commission ministérielle...

Agression du personnel médical/Covid19: le directeur de CHU de Bouira s’en sort indemne et apporte des précisions

Le directeur du CHU Mohamed Boudiaf à Bouira, le Dr Boutemeur Djamel s'en est sorti indemne après sa défenestration suite à la menace d'ont...

Alger-Paris: Abdelmadjid Tebboune, président de l’Algérie: «Nous ne nous laisserons plus caporaliser par quiconque»

Le président Abdelmadjid Tebboune a accordé un entretien au quotidien français l'Opinion. Nous reproduisons ici l'intégralité de l'interview tel que publié dans le journal. Dans...

Tebboune: la situation financière de l’Algérie lui permet d’accomplir les réformes

La situation financière de l'Algérie, avec des réserves de change encore appréciables et une meilleure maîtrise des dépenses et des importations, permettra au pays...

Dans la même catégorie

- Advertisement -