Economie mondiale : des hauts et des bas chez les grandes puissance

Les dernières données d’enquête montrent une image contrastée. En Chine, la situation semble se stabiliser dans le secteur manufacturier, tandis que l’indice a chuté au Japon. En Allemagne, on a pu noter une nouvelle baisse à un niveau particulièrement bas. Selon le pays ou le secteur, la situation est très variable en zone euro. Si l’on se base sur l’indicateur d’enquête le plus large, on observe une stabilisation. La confirmation dans les prochains mois dépendra beaucoup de l’évolution en Chine et d’une baisse des sources d’incertitude bien connues (commerce, Brexit).

Le ralentissement de l’économie mondiale implique que les dernières données d’enquête étaient attendues avec impatience. Le tableau est mitigé. Au Japon, l’indice Nikkei des directeurs d’achats (PMI) pour le secteur manufacturier est passé sous la barre des 50 (la limite entre expansion et contraction). Aux États-Unis, l’indice ISM du secteur manufacturier a fortement baissé, jusqu’à 54,2. Il avait rebondi en janvier après une chute en décembre. En Chine, l’indice PMI Caixin a atteint 49,9, son plus haut niveau en trois mois. En France, le PMI manufacturier a faiblement progressé, faisant ainsi écho à la légère amélioration constatée depuis deux mois dans l’indicateur du climat des affaires de l’INSEE.

En Allemagne, les signaux sont contradictoires (voir le Baromètre). L’indice du climat des affaires Ifo est tombé à son plus bas niveau depuis décembre 2014 avec une sixième baisse mensuelle dans le secteur manufacturier. Le PMI manufacturier a chuté de manière significative pour atteindre un très faible 47,6. Comme le montre le graphique 1, depuis le sommet du cycle économique de la zone euro (décembre 2017), en Allemagne le secteur
manufacturier avait particulièrement souffert tandis que celui des services avait assez bien résisté. Toutefois, l’institut Ifo a signalé une détérioration significative des services en février. En revanche, il convient de se féliciter de la légère amélioration des perspectives d’exportation. En Italie, le PMI manufacturier s’est stabilisé à un niveau bas. Il est sous les 50 depuis octobre dernier.

SENTIMENT DANS LES SERVICES ET L’INDUSTRIE
(FEVRIER 2019, VARIATION DEPUIS DECEMBRE 2017)

AUT: Autriche, BEL: Belgique, CYP: Chypre, DEU: Allemagne, ESP: Espagne, EST: Estonie, EZ: Zone euro, FRA: France, GRC: Grèce, IRL: Irlande, ITA: Italie, LTU: Lituanie, LVA: Lettonie, MLT: Malte, NLD: Pays-Bas, POR: Portugal, SVN: Slovénie, SVK: Slovaquie | Sources : Commission européenne, BNP Paribas

L’Espagne a enregistré une baisse significative de son indice Markit PMI, passant de 52,4 à 49,9. Pour la zone euro dans son ensemble, cela s’est traduit par une baisse du PMI manufacturier de 50,5 à 49,3. Étant donné la corrélation étroite avec la croissance du PIB, cela implique un début d’année en quasi-stagnation. Cela ressort également de l’indice €-coin (une estimation en temps réel de la croissance économique calculée par la Banque d’Italie) qui s’est encore affaibli pour atteindre un niveau qu’on n’avait plus observé depuis début 2015. Enfin, les enquêtes de la Commission européenne ont montré une légère hausse de la confiance des consommateurs. Son indice du climat des affaires est resté stable alors que celui du climat économique (economic sentiment index), qui couvre l’industrie, les services, les consommateurs, le commerce de détail et la construction, était globalement stable. Au total, le tableau pour la zone euro dans son ensemble montre une
stabilisation, bien que les expériences diffèrent d’un pays à l’autre. Dans plusieurs pays, le secteur manufacturier reste sous pression. Une stabilisation de la croissance chinoise et une réduction de l’incertitude (négociations commerciales, Brexit) sont essentielles pour la reprise du sentiment.

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