Le Maroc dépend des importations pour la totalité des combustibles fossiles, ce qui a des « répercussions évidentes » en termes de sécurité énergétique et d’économie nationales, fait observer l’Agence Internationale de l’Energie (AIE).

Les carburants fossiles occupent une place de choix dans le mix énergétique du Maroc, avec presque 90 % de l’approvisionnement total en énergie primaire (ATEP) et 80 % de l’approvisionnement électrique.

En 2017, le pétrole représentait 62 % de l’ATEP, suivi par le charbon (22 %) et le gaz naturel (5 %), indique l’AIE dans son rapport sur les perspectives énergétiques 2019.

En 2017, la facture des importations énergétiques s’élevait à 7,3 milliards de dollars, fait savoir l’AIE, ajoutant que la production domestique de pétrole et gaz à ce jour reste « négligeable », mais le programme de prospection pétrolière et gazière géré par l’Office National des Hydrocarbures et des Mines (ONHYM) encourage les investissements en amont.

La découverte de gaz dans la zone sous permis de Tendrara par le britannique Sound Energy, ainsi que la prospection en eaux profondes par l’italien Eni, font espérer des développements prometteurs. Outre le pétrole brut, le Maroc importe aujourd’hui la totalité de ses besoins en produits pétroliers.

Samir, la seule raffinerie de pétrole encore en activité au Maroc, a été placée en liquidation judiciaire en 2015. La non utilisation des installations de stockage de produits pétroliers de la raffinerie de Samir, ainsi que le non-respect des distributeurs des produits pétroliers de leurs obligations de stockage en produit pétroliers pendant plusieurs années, soulignent la nécessité d’améliorer la sécurité de l’approvisionnement en produits pétroliers, recommandent les auteurs du rapport de l’AIE.

Pour l’AIE, la fermeture de Samir a des « répercussions évidentes sur la sécurité de l’approvisionnement en pétrole », et le Maroc se trouve donc de « plus en plus exposé aux risques de la chaîne d’approvisionnement mondiale, avec une couverture de stock inférieure au minimum légal pour tous les produits ».

Afin de renforcer les dispositifs de sécurité de l’approvisionnement en pétrole, le gouvernement devra améliorer les mécanismes de collecte de données sur les stocks de pétrole et assurer la disponibilité future de réservoirs de stockage de pétrole à la raffinerie, propose le rapport.

L’approvisionnement en gaz naturel algérien dépendra de la décision qui sera prise pour maintenir les accords sur le gazoduc Maghreb-Europe et de prolonger l’accord actuel au-delà de 2021.

À long terme, le Maroc, qui prévoit d’augmenter la part du gaz naturel, envisage d’utiliser plusieurs nouvelles voies d’approvisionnement en gaz, y compris des importations via un gazoduc partagé avec le Nigeria, ainsi que la construction d’un terminal LNG, qui offrirait une plus grande flexibilité de contrats et d’approvisionnement, souligne l’AIE.